Témoignages

 

                                                                                                                                                                                        

Éric

Lorsque l’on vit dans la rue, Le temps n’est plus le même. On peut même dire qu’il n’existe plus, Tout est différent. Les gens croient qu’on croise dans la rue, N’ont plus la même importance. On ne vit plus, on survit. Jusqu’au jour où on apprend, Qu’il existe des ressources. On appelle, on essaie d’y entrer, Fatigué de dormir dehors. Lorsqu’on y est accepté, ça fait du bien. Il y a des gens présents jours et nuits, Juste pour nous. On dit que les miracles n’existent pas, Mais moi j’y crois. Je ne demande pas de l’or ou une grosse maison, Juste quelque part où je me sens bien, Où je ne survis plus, où je vis. Le Foyer aide des milliers de jeunes qui, Comme moi, ont besoin d’aide. Simple, il apporte beaucoup d’aide physique et du soutien psychologique. C’est une place qui m’aide à me comprendre, Sans leur soutien, je serais autre part. Et vous savez? Je ne veux même pas savoir ou¸ car, je suis bien ici et je m’en sors.

Pauline Bouchez, stagiaire française

Lorsque je suis arrivée au Foyer des Jeunes Travailleurs et Travailleuses de Montréal, je n’avais pas d’objectifs précis. Je voulais travailler au Québec pour apprendre de nouvelles méthodes d’intervention, apprendre ce que le social signifie ici et découvrir un nouveau regard sur le métier de l’animation. Dans mes recherches, j’avais ciblé principalement les structures s’occupant de jeunes adultes, car c’est un public que je connaissais très peu et avec lequel j’avais envie de travailler. Les jeunes entre 17 et 24 ans sont à un moment de leur vie où ils doivent faire des choix décisifs, où ils construisent leur projet de vie. J’avais envie de travailler avec ces jeunes en difficulté sociale pour les aider à construire des projets, à reprendre confiance en eux et je voulais, par là, participer à leur promotion individuelle et collective. Le FJTTM m’a permis d’atteindre ces objectifs. Avec le Foyer, j’ai appris à connaître un nouveau public, à me dépasser en tant qu’intervenante. J’ai dû user de mes forces personnelles pour être capable d’intervenir auprès des jeunes, autant individuellement que collectivement. J’ai ainsi appris à me faire confiance en intervention. J’ai appris beaucoup sur l’intervention sociale ici, sur mes capacités d’adaptation et sur mes compétences en matière d’animation sociale. J’ai appris à trouver mes forces et mes limites dans le futur métier que je veux exercer.

Jean-Michel Gélinas, résident du Foyer

Quand je suis arrivé au Foyer, je venais du refuge des jeunes. Je n’avais rien. Quand j’ai commencé ici, j’ai trouvé une job, avec les gens c’était plus chill. Je suis allé à OPJ pour trouver une meilleure job, ou retourner à l’école. On a décidé que l’école c’était mieux pour trouver une meilleure place où travailler. J’ai rencontré du monde chill.

Cassy Labbé, résident du Foyer

Le Foyer est chouette depuis les rénovations qui se sont passées dernièrement. Les supers intervenants français sont amusants et me font partager leur culture à plein gré. Avant les rénovations, c’était crasseux ici, mais on pouvait bien y vivre en paix et dans la joie. Andrée m’a assuré un bon suivi en tant que jeune de la rue. Le Foyer m’apporte beaucoup et m’aide énormément pour devenir de mieux en mieux un meilleure personne. Les tâches que nous avons à faire sont essentielles au bon fonctionnement d’une vie. Avant d’arriver au FJTTM, je comprenais ceci en mots, maintenant, c’est rendu une habitude de vie; au Foyer et dans ma vie de tous les jours. Entre les jeunes, il y a un respect incomparable entre chacun de nous (je trouve ceci étrange, très étrange… peut-être sommes nous tous dans la même situation… ou peut-être les intervenants ont la recette secrète d’un bon fonctionnement social dans une microsociété) En conclusion, le Foyer est un endroit où il fait bon de vivre. Un endroit où on peut s’épanouir. Une famille. Un lien d’appartenance.

Jonathan Bergeron, résident du Foyer

Presqu’un an d’écoulé, tout était à travailler. Maintenant il ne reste plus qu’à améliorer. C’est sûr que ça n’a pas toujours été une partie de plaisir. Certaines choses étant plus dures à assimiler que d’autres. Mais peu importe les défis ou les obstacles, jamais je n’ai été laissé à moi-même, que ce soit avec les résidents, les intervenants ou même les stagiaires. Tous m’ont porté à réfléchir et à me poser les bonnes questions, ou simplement être là pour m’écouter ! Je tiens donc à remercier le personnel direct/indirect du Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal pour leur accompagnement et leur compréhension.

Pascal Rollin, résident du Foyer

Vibrion: n.m. (…) Fig., fam. Personne agitée et généralement inopérante

En gros, c’est la définition que l’on pouvait me donner lorsque je suis arrivé au Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal. Mes premiers temps en terre promise ont été assez angoissants, je me suis rapidement aperçu que l’activité préféré des intervenants était de nous faire découvrir tout plein de choses qu’on n’avait pas nécessairement observé chez nous jusqu’à maintenant (défauts y compris). J’ai également compris que certains d’entre eux avaient la fâcheuse habitude (du moins avec moi) de nous lancer à l’exploration de nos qualités, de nos aptitudes. Croyant que j’étais un moins que rien, mes défenses en prirent tout un coup. Il me fallait donc accepter qui j’étais, avec mes forces et mes faiblesses. Cheminement difficile, car les murs de mon cortex étaient placardés d’anciennes croyances que je m’étais fait de moi-même. Cependant, jamais il ne m’ont laissé tomber. J’y ai cru régulièrement, mais chaque fois, je me trompais et jamais ils n’ont cessé de croire en moi, jamais ils ne m’ont tenu rancune, ils m’ont respecté, accepté et entendu. Tranquillement, j’ai réussi à faire de même pour ma propre personne. Je voulais une transition vers un appartement, le plus vite possible. En échange, ils m’ont fait voir le monde en communauté sous un autre jour, avec tout ce que cela implique… Acceptation, adaptation, compréhension, écoute, structure, buts, tolérance, gérance. Tout ceci m’a été donné et me servira toute ma vie.

Merci encore.